Douce Marie-Galante

Février 2018, le carnaval vient de se terminer, je suis lessivée, j’ai une semaine de vacances… Je reste ou je pars ?

JE PARS !!! Direction Marie-Galante et les Saintes pour un petit voyage de 5 jours…

Un voyage ça s’…improvise !
Je me suis décidée à partir à Marie-Galante sur un coup de tête. J’avais prévu une semaine de vacances après le carnaval, histoire d’éviter d’arriver au travail en titubant et en chantant tout haut le tube du carnaval 2018 en guise d’intro de la traditionnelle réunion d’équipe… Bonjour à tous, alors pour commencer faisons un… k…. pa palé… un point sur… pa palé… point sur les chiffres…. pa di ayen… de la semaine dernière… J…. 

Qui commence ?  han han !

A la base, j’avais prévu de partir à la découverte de St-Vincent et des Grenadines mais ce voyage s’est révélé un peu compliqué à improviser : voyage en solo pour la 1ère fois, conduite à gauche pour la 1ère fois, location de scooter pour la 1ère fois… Ca faisait beaucoup de premières fois… Et comme dit la chanson la première fois… 

Bref, donc me voilà 36h avant le départ en train de réserver billet d’avion, billet de ferry, nuits d’hôtel, studio airbnb eeeeettt…. mon scooter ! Le but étant de passer 4 jours à Marie-Galante et de terminer par 1 journée aux Saintes.

****Arrêtons-nous 2 min sur cette location de scooter. Il faut savoir que j’ai horreur de la moto et que je n’aime ni la vitesse, ni les sensations fortes. Je suis plutôt de nature peureuse mais je ne sais pourquoi j’avais envie de tester cette fois-ci !!! J’appelle donc Dingo Locations (vu le nom, c’était forcément pour moi), j’effectue ma réservation et je lui précise quand même que je n’ai jamais conduit de 2 roues motorisées de ma vie. Mais petit hic ! Pas convaincu le monsieur ! Il me propose de louer un vélo à assistance électrique… Seriously ? Je n’ai pas l’intention de revenir sans mes cuisses en Martinique. J’insiste donc et il me répond qu’il « aimerait me VOIR avant me le louer ». Ah ah ah ! Est-ce qu’il sera plus convaincu quand il me verra ? Certes, j’ai plutôt l’air d’une fille correcte mais je suis toute mince… Et avec le vent qui sévit à Marie-Galante, les probabilités que je m’envole ne sont pas négligeables…

C’est parti !
Je prends le vol Fort-de-France/Pointe-à-Pitre de 9h sur la compagnie Air Antilles Express. Le vol part à l’heure mais fatiguée, je m’endors rapidement ! Le seul moment où j’ouvre les yeux me permet d’apercevoir ma destination finale…

 

Marie Galante vue du cielComme par hasard, Marie-Galante ! Elle est déjà si belle, vue d’en haut !

On arrive avec un peu d’avance, compter 35 min de vol. Je récupère mon bagage rapidement vu qu’on était même pas 10 passagers dans l’avion. Et c’est parti pour l’aventure ! Ma copine Diane vient me chercher à l’aéroport et m’emmène à l’embarcadère de Pointe-à-Pitre situé à environ 20 minutes de l’aéroport.

J’avais acheté mon billet de ferry Pointe-à-Pitre/Grand Bourg (Marie-Galante) au préalable, sur internet. J’ai choisi de prendre le bateau de la compagnie Val Ferry parce que l’horaire m’arrangeait plus que celui de l’Express des îles.  Je me présente au comptoir de la compagnie pour récupérer mon billet et j’attends tranquillement l’heure du départ. Sur place, il y a une petite épicerie et une petite sandwicherie qui permettent de calmer les petites faims, mais pas grand chose pour les végétariens…. Ce sera donc chips et biscuits pour moi !

Ca y est l’heure de l’embarquement a sonné… Et là waouh ! Je m’attendais à une navette comme celles qui relient FDF aux Trois-Ilets en Martinique. Eh bien non ! Un gros et beau bateau, tout moderne, tout imposant est amarré en face de moi.

 

Avec ses 2 niveaux, le bateau compte plusieurs centaines de places, il est hyper propre, spacieux, lumineux ! Les fauteuils sont confortables, il y a des écrans de TV un peu partout, des casiers pour ranger les bagages… Je suis vraiment très agréablement surprise ! La traversée devrait bien se passer.

 

Je m’endors encore une fois assez rapidement (décidément, ce carnaval aura eu ma peau).

J’ai l’impression que la traversée est assez calme, à part peut-être 2 ou 3 creux un peu plus marqués. A moitié endormie, je zieute 4 papis en face de moi qui jouent à la belote et je me dis que la vie est belle et que ce séjour commence vraiment sous les meilleurs auspices !

Arrivée à Marie-Galante

Après une traversée d’environ 1h, je pose donc les pieds à Marie-Galante sous un soleil de plomb ! Une jolie fresque de Jimmy Sheikboudhou donne le ton : magnifique, authentique et rustique. J’aime !

 

De nombreux chauffeurs de taxi et loueurs de voiture attendent les passagers à la sortie avec leurs noms sur des écriteaux plus ou moins élaborés… Je recherche donc le mien avec enthousiasme, prête à bondir sur mon loueur de scooter. Au bout de quelques minutes, je constate qu’il n’est point là. Certes, il m’avait prévenu qu’il ne serait peut-être pas venu, mais moi aussi je voulais voir mon nom sur un bout de papier déchiré ! Je l’appelle et il rapplique illico presto, son bureau se trouvant à 2 min du débarcadère. Il m’emmène en voiture à son domicile où est garé le fameux scooter. Sur le trajet il me précise quand même qu’il est rassuré de me voir et que j’ai l’air d’avoir la tête sur les épaules ! (J’espère bien qu’elle y restera jusqu’au bout de mon séjour…) Enfin bon, l’heure est venue d’essayer THE MACHINE ! Après m’avoir donné quelques explications, il me propose de faire un petit tour d’abord dans son jardin.

Démarrage ok ! Equilibre ok ! Accélération ok ! Freinage ok ! Virage… heuuuu lol ! C’est normal de prendre autant de place pour tourner ?

Ah non c’est pas normal ? Ah j’ai quatre jours pour m’habituer ! Ah je me débrouille super bien pour une 1ère fois ! Ah ben heu tout va bien alors !

En fait, j’avais vachement peur ! J’étais fébrile, je crois même que je tremblais !

Et là, il me propose ensuite de faire un petit tour sur la route devant chez lui. Ah ouais… Vous êtes sûr ? Je m’élance, je fais mine de gérer mais je ne gère rien du tout ! Et en plus, il faudra que je fasse demi-tour !!! Allez respire ! Allez allez, tu peux le faire ! Bon, en fait, ça se passe plutôt bien et je m’applique pour mieux tourner en faisant demi-tour… Heu ben non… ça le fait toujours pas lol !

En tout cas, M. Dingo Locations, super gentil, rassuré et rassurant, me fait remplir les formalités pendant que je tremble intérieurement.

Allez, c’est le moment d’y aller ! Je cale mon gros sac à dos entre mes jambes, j’enfile mon sac et c’est parti pour l’aventure !!! Prions pour qu’il n’y ait pas de virage…

Après avoir vérifié mon itinéraire, je m’élance donc sur les routes marie-galantaises direction Capesterre (oui oui il y a bien une ville qui s’appelle Capesterre à M-G), là où se trouve mon hôtel.

Premières impressions
J’emprunte la route du Littoral car elle est moins fréquentée et je me dis aussi que j’aurai plus de chance de voir de jolies plages ! Je laisse rapidement Grand Bourg pour longer la côte et aussitôt dit, aussitôt fait ! J’en prends véritablement plein les yeux ! Une succession de petites maisons en bord de plage, de criques, de cabanes de pêcheurs, d’eaux turquoises, de poules et de coqs en liberté, de sable, de maisons, de criques… C’est beau ! C’est authentique ! Je suis émerveillée ! Et la sensation de liberté que procure le scooter vient sublimer ce moment de grâce…. L’air marin, le vent, les gens…. Je ressens la douceur de vivre marie-galantaise, l’hospitalité de sa terre ! A ce moment précis, je suis heureuse et fière d’avoir pris cette décision de partir en solo et à moto ! Je pense que je devais avoir mes dents dehors pendant tout le trajet ! J’avais envie de m’arrêter partout, tout le temps ! Mais les virages, que je ne gérais toujours pas, me rappelaient que j’avais quand même envie d’arriver à bon port rapidement…

Mais la beauté du paysage étant finalement plus forte que l’appréhension de la route, je finis par m’arrêter un peu avant Capesterre pour prendre quelques photos :

Bon bon, j’avoue tout n’était pas idyllique ! Les nids de poule et autre trous sur la route m’ont vite appris que c’est tout ton corps qui vibre quand tu fais le malheur de tomber dedans ! Et puis tu ressens vachement le vent ! Oulala, j’avais limite froid parfois malgré le soleil ! Mais ni le vent, ni les trous, ni les virages n’ont eu raison de ma détermination et c’est avec beaucoup de fierté que j’arrive saine et sauve à Capesterre, après environ 20 min de trajet.

L’hôtel Soleil Levant
Arrivée à Capesterre, je galère un peu avec les sens interdits pour comprendre comment monter jusqu’à l’hôtel. Je finis par m’arrêter pour demander mon chemin à l’épicerie qui porte le même nom que mon hôtel. Et là, en essayant de démarrer mon scooter pour repartir, il ne redémarre plus.. Partagée entre la peur, le désespoir et la honte (oui oui je sentais le regard des gens dans mon dos lol), je finis par appeler M. Dingo Locations pour lui faire part de la situation. Il m’assure qu’il m’a fourni le meilleur scooter et qu’il fonctionne très bien. En fait, en refaisant les étapes du démarrage avec lui par téléphone, je m’aperçois que le petit interrupteur « coupe moteur » était dans la mauvaise position… Oops !!! My bad ! Je le remets dans la bonne position et c’est reparti !!!! J’arrive à l’hôtel en 1 min et je récupère les clés de mon bungalow.

Wow ! L’hôtel est splendide !

 

Et mon bungalow est tout mignon, au milieu du jardin !

 

  

A la base, j’avais réservé une chambre dans le bourg même, au-dessus de l’épicerie car c’est tout ce qu’il restait comme disponibilité. Mais arrivée à l’hôtel, on me signale qu’il reste un bungalow disponible. On met le fait visiter et je craque ! C’est quand même mieux d’avoir la piscine et le petit dej sous la main plutôt que d’y monter en scooter… Booon, certes, le tarif de la chambre était bien inférieur (55€ vs 80€) mais les vacances ont trop bien commencé pour m’infliger une quelconque frustration dès le 1er jour !

Je m’installe donc dans mon charmant bungalow, je fais un petit tour dans les jardins de l’hôtel. Je découvre qu’il y a une boulangerie à l’intérieur de l’hôtel qui fournit à la fois le restaurant de l’hôtel et la boulangerie du bourg, en pains divers, viennoiseries, gâteaux, etc. Il y a également un spa qui propose une belle offre de soins et de massages (je n’aurai malheureusement pas le temps de tester). Il y a un enclos avec une dizaine de cabris et aussi des coqs et des poules qui eux, se baladent en liberté par contre. L’hôtel (en fait il s’agit plutôt d’une résidence hôtelière) est très bien entretenu. C’est un hôtel familial qui existe depuis 30 ans et tenu par des marie-galantais. Je leur tire mon chapeau !

 

    

 


Capesterre

Capesterre est une petite commune côtière située au sud-est de l’île. On y trouve 2 épiceries, une église, un bureau de poste, un stade de foot, quelques bons restos, de jolies plages et au moins 3 marchands de sorbet coco !!! N’ayant mangé que des chips et des biscuits jusqu’alors, je pars à la recherche de nourriture. Mais à cette heure-ci (15h30/16h), tous les restos sont déjà fermés. L’épicerie et la boulangerie, encore ouvertes, n’offrent pas d’options végétariennes. Je me résous donc à faire l’impasse sur mon déjeuner. Je mangerai bien ce soir !

 

Le ventre vide, je me dis qu’un petit sorbet coco ne sera pas de trop !!
Je fais la connaissance d’Arlety, une marchande de sorbet coco très chaleureuse et sympathique. J’en apprends plus sur Marie-Galante et plus particulièrement sur Capesterre. Arlety me fait part de son profond dépit concernant la politique (ou plutôt l’absence de politique) menée à Marie-Galante. L’état des lieux qu’elle me dresse est affligeant et me ramène à la réalité de la vie sur l’île : désertion des jeunes, mentalité archaïque, infrastructures insuffisantes, activités inexistantes, soutien quasi inexistant des banques envers les locaux qui veulent monter des projets, peu de volonté politique. Pourtant l’île présente plusieurs atouts, en plus de ses jolies plages, ses distilleries et ses moulins : zéro chlordécone, elle pourrait fournir une partie de la production maraîchère de la Guadeloupe, on pourrait y développer une agriculture biologique. La plage de Capesterre bénéficie d’une superbe exposition au vent et est protégée par une barrière de corail située suffisamment au large pour offrir un terrain de jeu incomparable aux kite surfers. De quoi devenir un spot international accessible toute l’année !

Après une demi-heure de conversation, c’est une Arlety dégoûtée et dont aucun des 3 enfants résidant dans l’hexagone n’a envie de rentrer, que je laisse sous son amandier… « Comment une île qui vous a vu grandir n’est pas capable de nourrir ses enfants ? »

Mon sorbet coco quoique délicieux, me laisse finalement un petit goût amer…

Je décide de remonter me poser à l’hôtel en attendant l’heure du dîner. Je repère une pizzéria à 2 min de l’hôtel, ce sera parfait pour ce soir ! Effectivement, je voulais vraiment trouver un petit resto proche de l’hôtel. N’étant pas encore très habituée avec le scooter, la conduite de nuit ne m’enchantait guère.

 

Du coup, vers 19h, j’enfile mes baskets (parce qu’il y a quand même des scolopendres hein et que jusqu’aux dernières nouvelles, j’ai très peur des insectes et autres êtres vivants non humains) et je descends à pied me prendre une pizza végétarienne. Bon, il faut savoir que la route n’est pas bien éclairée… Il y a des moments où je ne vois même plus le trottoir. Ce sont les phares des voitures qui me permettent de voir où je mets les pieds. J’essaie de ne pas laisser mon esprit céder à la panique (non Dominique, un criquet ne va pas surgir de nulle part pour venir sur toi… non Dominique, ce n’est pas parce que tu allumeras la lampe de ton téléphone qu’une sauterelle décidera de t’utiliser comme moyen de transport jusqu’à la pizzéria…). Et ça, ce n’est que pour l’aller…. Il va falloir gérer la même chose au retour ahah !

Bref, je commande ma pizza, je note l’accueil très sympathique des restaurateurs… et la rareté de la clientèle. Il n’y avait personne à part un couple qui sirotait une petite bière. Je récupère ma pizza rapidement et c’est parti pour la remontée vers l’hôtel. La pente est raide jusqu’à l’hôtel, mais je ne me souviens pas avoir marché aussi vite dans une montée ahahah ! Entre les hypothétiques insectes, l’obscurité de cette nuit sans lune et la faim… je me retrouve dans mon bungalow en un temps record !  Je mange ma pizza qui n’est vraiment pas terrible et je m’endors comme une masse peu de temps après.

Ce fut une journée longue, inédite, magique et prometteuse…  Merci pour tout ce que tu m’as déjà donné Marie-Galante !

 


Infos pratiques 😉

 

Ferry: 25€

Billet d’avion « Martinique – Guadeloupe »: 300€ A/R.

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